« Poiheetu POAREU est née femme de terrain.»
Irène racontait que Poiheetu était avant tout une femme de terrain, profondément attachée à la terre. Elle aimait planter, travailler et vivre au contact de cet environnement.
Selon Irène, Poiheetu travaillait avec beaucoup de force et d’énergie, « comme un homme ».
La terre occupait une place essentielle dans sa vie. C’est dans ce milieu qu’elle puisait son énergie et qu’elle trouvait son équilibre.
Irène racontait également que Poiheetu ne s’occupait pas directement de l’éducation de chacun de ses enfants. Au fil des années, ses enfants étaient confiés à leurs grands-parents et autre membre de la famille, qui participaient ainsi à leur éducation et à leur quotidien.
Quelques années plus tard, lorsque Alfred et Tevai sont nés, Thomas décida de les garder auprès de lui.
D’après le témoignage d’Irène, c’est Thomas qui prit alors en charge leur éducation.
À travers ce récit, Irène nous fait découvrir une autre facette de Poiheetu : une femme de caractère, travailleuse et profondément liée à la terre.
Ce témoignage appartient à notre mémoire familiale et à notre tradition orale. Il nous permet de conserver le regard d’Irène sur sa mère et de transmettre, à notre tour, une partie de cette histoire aux générations futures.
Irène MANATE
« J’ai grandi et été élevé par ma maman. »
Avant son décès, le 6 mai 2026, j’allais rendre visite à Alfred, l’un des sept enfants de Poiheetu POAREU et Thomas Manate.
Alfred parlait souvent de ses parents et de son enfance. Il répétait notamment :
« Ua pa'ari vau i to'u na metua vahine e to'u metua tane. Na raua i fa'ari'i ia'u e tae roa atu vau i te taime i tomo ai au i roto i te aua faehau. »
Il parlait avec beaucoup d’attachement de Poiheetu et de Thomas, et de ce qu’ils représentaient dans sa vie.
Alfred évoquait également les terres de sa mère, Poiheetu, plus particulièrement un message important à transmettre concernant la parcelle TAIPARI VI.
Selon ce qu’il nous a rapporté, Alfred et ses frères avaient décidé que leurs deux sœurs seraient les héritières de cette parcelle.
Cette décision représentait pour eux une parole familiale, une parole donnée entre frères et sœurs, fondée sur l’honneur et le respect.
Cette parole familiale n’a pas, à elle seule, de valeur juridique sur la propriété de la terre. Mais pour nous, elle possède une valeur particulière : celle de la parole donnée, de l’honneur et de la mémoire de ceux qui nous ont précédés.
Alfred souhaitait que cette volonté ne soit pas oubliée.
Nous souhaitons conserver ce témoignage avec respect, comme une trace de la mémoire familiale et de la parole transmise par nos anciens.
Alfred MANATE
L'origine de RAIHAU
Anita, petite-fille de Poiheetu POAREU et l’une des personnes à l’origine de la création de notre association, nous a transmis l’histoire du nom RAIHAU.
Pour elle, RAIHAU a une signification profondément familiale.
RAI vient de la terminaison de MOERAI, lieu de naissance de son père, Teehu ROOMATAAROA, tandis que HAU vient du début de HAUTI, également lié à l’histoire familiale.
La rencontre de MOERAI et HAUTI symbolise ainsi le lien entre les lieux de naissance de ses parents, à l’origine du nom RAIHAU.
Anita nous a également transmis une seconde signification : RAI, les cieux, et HAU, la paix.
Pour elle, RAIHAU évoque donc à la fois nos racines familiales, les lieux qui nous relient et une idée de paix.
Aujourd’hui, ce nom représente aussi les personnes qui se réunissent, donnent de leur temps et de leur énergie pour faire vivre notre histoire familiale et poursuivre notre démarche.
RAIHAU est ainsi bien plus qu’un nom : c’est une histoire, un lien et un héritage que nous continuons à transmettre.
Ce récit nous a été transmis par Anita. Il appartient à notre mémoire familiale et à notre tradition orale.
Anita ROOMATAAROA
« Transmettre notre histoire et honorer les pas de nos anciens à Rurutu est le plus bel engagement que nous puissions porter ensemble. »
Les enfants et petits-enfants de Poiheetu et Thomas